L’Alose feinte

Cette espèce migratrice anadrome est très ressemblante à la Grande Alose. Elle possède un corps fusiforme comprimé latéralement, une rangée de scutelles ventrales proéminentes, le dos bleu profond et les flancs et le ventre blancs argentés.  L’alose feinte se distingue néanmoins par un corps plus allongée et une plus petite tête. En arrière de l’opercule, une rangée de 4 à 8  petites taches noires caractérise l’espèce ainsi qu’une disposition des écailles plus régulière. La taille des géniteurs dans les fleuves français fluctue autour de 42 cm de moyenne (660 g), mais elle peut atteindre 55 cm pour 1,7 kg.

Répartition

A l’instar de la grande alose, l’alose feinte était présente du Maroc à la Suède, et a vu son aire de répartition fortement réduite depuis. Néanmoins, elle fréquente encore de manière significative quelques systèmes fluviaux du Maroc aux îles Britanniques, en Allemagne (Elbe), et potentiellement en Mer Baltique.

L’alose feinte se reproduit dans les parties aval des fleuves voire même dans certains cas dans la partie interne des estuaires. Sur le bassin Seine-Normandie, même si sa présence semble avérée, l’espèce n’est pas dénombrée au droit des stations de contrôles présentent sur les fleuves où la grande alose remonte. Cependant, les deux cas de reproductions naturelles sur la Marne et la Seine à l’amont de Paris, témoignées par la capture d’alosons laissent à penser, après examen morphologique des cadavres de ces juvéniles, qu’ils proviendraient d’une hybridation entre ces deux espèces présentant une faible distance génétique (faits déjà relatés dans la bibliographie scientifique sur d’autres hydro systèmes).

Premiers stades de vie

L’incubation des œufs dure de 70 à 78 degrés-jour. À l’éclosion, les larves mesurent entre 4 et 6 mm. Elles sont lucifuges, et restent dans un premier temps dans les interstices du substrat où elles consomment principalement du zooplancton et du zoobenthos. Au cours de leur développement les juvéniles sortent et consomment principalement des insectes aériens dérivants. Durant l’été, les juvéniles entament leur migration d’avalaison, en progressant lentement vers les eaux de plus en plus salées au sein des estuaires, où ils pourront passer l’hiver. 

La Maturation/montaison (mars-juillet)

Les aloses feintes vivent en mer dans les zones côtière sur des fonds de moins de 20 m. Elles sont euryphages. Leur régime est principalement piscivore (harengs, lançons, sprats, …) bien qu’elles puissent consommer d’autres proies (crevettes, isopodes, insectes, etc…) de manière accessoire. Les adultes matures cessent de se nourrir pendant leur migration anadrome continentale. En moyenne l’âge de la première remontée est de 3-4 ans. Les femelles en général plus âgés et plus grosses que les mâles en raison d’une maturité plus tardive, ont une fécondité plus élevée. Les activités de migration et de reproduction dépendent fortement de la température de l’eau (seuil d’arrêt respectivement à 10 et 15 °C).

La Reproduction (mai-juin)

La reproduction a lieu de nuit (entre 0h et 2h) en mai et juin généralement dans les parties aval des fleuves voire dans certains cas dans la partie interne des estuaires. L’alose feinte peut aussi se reproduire à plus de 250 km de la mer. Les sites et le comportement de reproduction (phénomène de « bull ») sont semblables à ceux de la grande alose sauf lorsque ces sites se situent en estuaire [les frayères se situent sur des fonds de graviers ou de galets, parfois de sable]. Les œufs, de très petite taille (0,8 à 1,7mm), tombent sur le fond en se logeant dans les interstices du substrat. Le temps d’incubation est très court (3 à 5 jours) mais la température doit être supérieure à 17-18°C. Chaque population pratique un retour sur sa frayère d’origine (phénomène de homing) plus strict que celui de la grande alose. Certains géniteurs périssent après la ponte, mais la plupart d’entre eux survivent et retournent en mer (à la différence de la Grande Alose) immédiatement après la reproduction. Les individus peuvent ainsi se reproduire plusieurs fois (généralement 3-5 fois)

.Liste rouge

L’alose feinte est présente dans la liste rouge de l’UICN et est considérée comme sujette à « Préoccupation mineure » au niveau mondial et comme « Vulnérable » en France.

.Protection internationale

Convention de Berne : Annexe III

.Protection communautaire

Directive Habitat Faune Flore Natura 2000 : Annexe II et V, 73 sites Natura 2000

.Protection nationale

Arrêté ministériel de biotopes du 08/12/1988 : Liste des espèces de poissons protégées, article 1 : mise en, réserve de naturelle et protection de l’habitat

.Programmes et plans de gestion

Plan de gestion des poissons migrateurs du bassin Seine-Normandie (PLAGEPOMI)

.Réglementation halieutique

Sur le bassin Seine-Normandie, la pêche des aloses est autorisée en zone fluviale de manière permanente sur tout le bassin, excepté sur la Manche où elle est autorisée du 1er avril au 15 juillet. En eaux salées, la pêche est autorisée toute l’année. La taille minimale de capture est fixée à 30 cm (Art. R436-62 du Code de l’Environnement).

En revanche, plusieurs d’arrêtés limitent ou interdisent la pêche des poissons migrateurs dans certains secteurs en aval de la LSE.

Textes limitant ou interdisant la pêche des poissons migrateurs en aval de la Limite de Salure des Eaux (LSE) sur le bassin Seine-Normandie

 

Sur le bassin Seine-Normandie, la pêche des aloses est autorisée en zone fluviale de manière permanente sur tout le bassin, excepté sur la Manche où elle est autorisée du 1er avril au 15 juillet. En eaux salées, la pêche est autorisée toute l’année. La taille minimale de capture est fixée à 30 cm (Art. R436-62 du Code de l’Environnement).

En revanche, plusieurs d’arrêtés limitent ou interdisent la pêche des poissons migrateurs dans certains secteurs en aval de la LSE.


Textes limitant ou interdisant la pêche des poissons migrateurs en aval de la Limite de Salure des Eaux (LSE) sur le bassin Seine-Normandie.