Présentation des STACOMI

Principe des STACOMI

Indicateur majeur dans le suivi et la gestion des populations de poissons migrateurs, le nombre d’individus remontant les fleuves après un séjour marin, que ce soit les géniteurs pour les anadromes, ou les juvéniles pour les catadromes (anguille), ce flux montant constitue le véritable thermomètre dont le niveau va fixer, à plus ou moins long terme, les abondances continentales à venir des différentes espèces présentes ; frayères, déposes d’œufs, juvéniles, smolts, adultes de retour ou en croissance (anguille).

Préférentiellement placés à proximité de l’embouchure ou de la confluence, les systèmes capables de dénombrer efficacement ces remontées vont dans la majorité des cas nécessiter d’être installés dans une voie de passage forcée au droit d’un ouvrage, autrement dit une passe à poissons, laquelle pourra alors faire l’objet selon l’espace disponible d’un véritable observatoire piscicole aux vertus plus pédagogiques.

Selon le niveau de fréquentation du fleuve, le contexte hydrographique et bien sûr les objectifs recherchés, les outils disponibles et recommandés peuvent varier ; allant de la passe-piège manuelle au vidéo-comptage automatique.

Classiquement utilisé avant l’arrivée de l’informatique, et maintenu sur les pôles scientifiques, notamment des rivières index, c’est l’un des premiers systèmes utilisés pour dénombrer les poissons migrateurs, lequel repose sur le piégeage en continu des individus en montaison. Les techniques utilisées dérivent directement de procédés de pêches professionnelles ou des anciennes pêcheries, en s’inspirant notamment du système de fonctionnement de la nasse, classiquement une cage-piège en sortie de la passe à poissons. Les individus ainsi capturés peuvent être identifiés, dénombrés, biométrés (mesurés, pesés, sexés, faire l’objet de prélèvements ou encore marqués, etc.), en fonction des suivis réalisés et ensuite relâchés. Ces systèmes peuvent évidemment fonctionner en montaison, comme en dévalaison.

Sur les bassins Seine-Normandie et Picardie, 7 stations de contrôle des migrations possèdent un système de piégeage, principal et exclusif, ou accessoire en complément d’un autre, dont certains sont mono-spécifiques, notamment pour la capture de l’anguille ou des Salmonidés.

Nécessitant une hauteur d’eau suffisante et une vitesse d’écoulement précise, ce dispositif numérique trouve classiquement sa place entre les deux bassins à fentes verticales d’une passe à poissons. C’est spécifiquement par un couloir de vision aménagé à cet effet, relativement étroit et pourvu de part et d’autre de deux vitres verticales, qu’un poisson pourra alors être mis en lumière par rétroéclairage pour détermination par une des deux vitres pendant que son passage est filmé de l’autre par détection automatique (cf. schéma passe suivante). Chaque séquence vidéo ainsi enregistrée doit alors faire l’objet d’une lecture individuelle qui aboutira à l’identification de l’espèce, mais aussi sa taille, son sens de passage, voire son degré de maturité et/ou son sexe.

A ce jour il s’agit du système le plus représenté, en particulier le modèle SYSIPAP, qui présente l’intérêt d’une automatisation quasi complète, hormis la reconnaissance visuelle, avec une maintenance minimale (réglage de la sensibilité en fonction du taux de matière en suspension et nettoyage des vitres). De nouveaux modèles sont désormais disponibles, par  exemple les modèles «Ibaï begi» (HIZKIA) ou le riverwatcher (FishPass), qui présentent l’intérêt de pouvoir fournir des images couleurs et de nombreuses possibilités d’automatisation.

Sur les bassins Seine-Normandie et Picardie, la majorité des ouvrages sont équipés de systèmes de ce type.

Le principe de la résistivité est basé sur la différence de conductivité existante entre l’eau et le corps des poissons. Là aussi le poisson est contraint de passer dans un canal étroit, dans lequel sont disposées successivement des électrodes. Le passage du poisson est alors perçu par une variation du signal électrique captée par les électrodes, proportionnelle au gabarit du poisson, ce qui permet ainsi d’estimer une taille, ou classe de taille, mais pas de définir l’espèce en mouvement, à moins qu’une seule ne soit présente sur le cours d’eau en question (Salmonidés par exemple ; saumon et/ou truite de mer).

La réception des signaux sur une succession de plusieurs électrodes (généralement trois) permet de définir le sens de migration du poisson dans le système. Une vitesse de courant minimale de 1m/sec est nécessaire afin de limiter les effets de stationnement des poissons face aux capteurs, ce qui pourrait induire des erreurs d’enregistrements.

Plus récente, la technique du scanner permet de dénombrer les poissons en s’appuyant sur un système de détection via un rayonnement infrarouge multiple. Le poisson transite dans un corridor, où il traverse un réseau de faisceaux infrarouges qui vont révéler une image en profil de l’individu et permettre de déterminer sa taille. Le nombre de rayons fixant le degré de précision du système. Le principe peut être couplé avec un système vidéo afin d’obtenir des images supplémentaires et de faciliter la détermination des espèces.

D’autres systèmes existent, variables en fonction des espèces ciblées et des milieux dans lesquels elles évoluent. Ils sont alors basés sur des techniques quelque peu distinctes, notamment sur le principe du SONAR, ou bien complémentaires avec les techniques de radiopistages nécessitant au préalable l’insertion d’émetteurs sur les poissons à suivre.